Lorsqu'il est question de « médias pour adultes au Japon », nous occidentaux, imaginons quelque chose d'osé ou de tabou. Mais en y regardant de plus près, on s'aperçoit qu'il s'agit d'un domaine profondément lié aux changements sociétaux du Japon. Il reflète également une facette unique de la culture japonaise et de son histoire visuelle.
Avant que la « vidéo pour adultes » n'entre en scène, le Japon disposait déjà d'un circuit bien établi de films érotiques, notamment de films roses et de Roman Porno (pornographie romantique produite par Nikkatsu). Un grand nombre de producteurs, de réalisateurs et d'actrices qui se sont ensuite lancés dans la vidéo pour adultes venaient directement de ces industries cinématographiques. Cet héritage a façonné les premières productions de vidéo pour adultes - appelées « AV » - les techniques et les styles des films roses et du Roman Porno s'infiltrent alors dans ce nouveau média.
Les « Bini-bon » étaient des collections de photos explicites enveloppées dans du plastique (le nom vient de « vinyl book »). Ils contournaient les circuits habituels des librairies et se répandaient par des voies plus clandestines. Les créateurs de ces « bini-bon », généralement des photographes et des éditeurs, utilisaient divers moyens pour recruter des mannequins - parfois par le biais d'annonces qui omettaient les détails les plus explicites ou par un « scout » direct dans la rue.